L’oral au service de l’apprentissage!

4 11 2012

ImageMartine Pellerin est chercheuse et professeure adjointe du Campus St-Jean de l’Université de l’Alberta. Elle a enseigné pendant 23 ans en immersion dans des écoles à Calgary,  en Alberta. À travers ses projets de recherche action collaborative avec les enseignants œuvrant dans le contexte immersif, elle examine les problématiques de l’utilisation de l’oral L2 comme outil au service de la communication, l’apprentissage et l’évaluation ainsi que l’utilisation des technologies mobiles et l’inclusion en classe immersive.

Bonjour à toutes et à tous !

Les résultats de divers projets de recherche-action collaborative avec des enseignants en immersion précoce depuis les quatre (4) dernières années et mes propres expériences et connaissances comme enseignante en immersion et éducateur à la formation des maitres en enseignement de langue seconde démontrent que :

  • Le modelage de l’utilisation de la langue orale par l’enseignant(e) est crucial afin de donner les ‘outils’ nécessaires aux élèves afin qu’ils puissent eux-mêmes communiquer et apprendre dans la L2 ;
  • Un enseignement explicite et authentique du vocabulaire et de la grammaire permet aux élèves de communiquer et d’apprendre avec la L2 ;
  • Un enseignement stratégique en L2 permet aux élèves de négocier et construire leur compréhension et leur savoir dans la L2;
  • L’adoption de stratégies pédagogiques qui préconisent la collaboration et le discours dialogique (dialogic inquiry) entre  les élèves permet la coconstruction des savoirs dans la L2 et ceci à travers toutes les matières.

Ces projets de recherche-action collaborative nous ont aussi permis d’explorer l’utilisation des technologies mobiles telles que les iPod et les tablettes (androïdes et iPad) comme outils pédagogiques afin d’appuyer :

  • Le développement des compétences langagières à l’oral en L2;
  • L’utilisation de l’oral en L2 à travers des activités d’apprentissage authentiques, fréquentes et motivantes selon les intérêts et les besoins des élèves ;
  • L’autoévaluation et l’autorégulation de l’apprentissage de la L2 chez les élèves ;
  • La différenciation de l’apprentissage et de l’évaluation en classe immersive.

Un projet de ‘ Capsules vidéos’ en collaboration avec l’ACPI et l’appui financier de Patrimoine canadien, est en voie de développement et sera disponible sur le site de l’ACPI d’ici 2013.  Ce projet permettra la diffusion d’exemples tangibles de stratégies d’enseignement efficaces ainsi que des activités d’apprentissages qui visent l’utilisation de l’oral L2 comme outil au service de la communication et de l’apprentissage en salle de classe immersive.

N’hésitez pas à me contacter pour me poser des questions ou pour partager vos expériences sur l’utilisation de l’oral en L2 et les technologies numériques au service de l’apprentissage et de l’inclusion en contexte immersif.

Au plaisir de dialoguer ensemble !

Dre Martine Pellerin

 

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2 responses

12 11 2012
Françoise

Bonjour Dre Pellerin,

Dans mon travail comme conseillère pédagogique, je remarque que les enseignants en général comprennent très bien le concept de métacognition, mais il en est autrement quand vient le temps de l’appliquer en salle de classe. Amener les élèves à réfléchir sur leurs apprentissages que ce soit à propos des stratégies de lecture, ou d’écriture par le biais de l’oral semble être une étape supplémentaire à laquelle on ne se rend pas toujours. Avez-vous remarqué le même phénomène lors de votre recherche-action collaborative avec des enseignants? Si oui, comment avez-vous surmonté ces difficultés?

Françoise

15 11 2012
Martine

Merci Françoise de ton commentaire.

Oui la plupart du temps les enseignants vont comprendre le concept de métacognition, mais ils ont très peu de stratégies pour l’enseigner. Il faut enseigner, de manière explicite à l’ensemble du groupe, comment réfléchir à voix haute sur ses stratégies. Il faut que les enseignants eux-mêmes le démontrent ‘physiquement ‘ devant leurs élèves. Ils doivent modeler comment ils utilisent les différentes stratégies de lecture et comment ils se posent des questions afin de vérifier quelles stratégies fonctionnent ou pas. Souvent, cette partie n’est pas présente dans l’enseignement chez les enseignants. On va plutôt donner les stratégies ‘tell ‘ comme on dit en anglais, mais on fait beaucoup moins de modelage ‘show’ qui est crucial pour permettre aux élèves de mieux comprendre comment utiliser ces stratégies en contexte d’apprentissage.

L’enseignant doit aussi modeler de manière explicite les questions que les élèves doivent se poser afin de faire appel à des processus de niveaux supérieurs selon la taxonomie de Bloom.

Suite à un enseignement explicite des stratégies, les élèves ont besoin du temps pour mettre ces stratégies en pratique et de vérifier la mise à l’essai de celles-ci dans un contexte authentique d’apprentissage.

Le travail de petit groupe est extrêmement important pour permettre la pratique guidée. Par exemple, les élèves lisent en partenaire et se questionnent ensemble afin d’analyser quels types de stratégies ont été utilisées et quelle a été leur efficacité.

Nous avons maintenant des outils technologiques tels que les iPods et tablettes (iPad) numériques qui permettent aux élèves de s’enregistrer (audio-vidéo) eux-mêmes en train de lire et de verbaliser à haute voix leurs stratégies et questionnements de niveaux cognitifs supérieurs. Suite à l’enregistrement de la lecture et du processus de ‘pense à voix haute’ les élèves revisitent ensemble l’enregistrement et s’engagent dans un processus de questionnement par rapport à l’efficacité ou pas des stratégies utilisées.

Dans mes recherches avec les enseignants, des élèves de première année en immersion sont capables de faire preuve d’une telle métacognition ! Mais encore une fois, il faut aussi modeler comment les élèves doivent travailler ensemble en petit groupe afin de s’engager dans un processus de réflexion sur leur apprentissage. Ce n’est pas parce que nous demandons aux élèves de collaborer en groupe qu’ils savent comment faire. Ce n’est pas inné !

Voici un lien à un de mes articles qui pourrait être utile :

Digital Documentation: Using digital technologies to promote language assessment for the 21st century

http://www.ccerbal.uottawa.ca/cahiers_vol4.php

Merci encore pour de commentaire

Martine

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