Faire bien communiquer la culture, c’est pouvoir vivre pleinement sa passion (y compris, bien entendu, son enseignement) en immersion!

19 02 2013

Peter Heffernan, PhD (Université Laval, 1995) travaille comme formateur d’enseignants depuis 1982 à la Faculté d’ Éducation, University of Lethbridge en Alberta. 

Il me fait plaisir de pouvoir dialoguer avec vous, lecteurs potentiels, sur le sujet de l’intégration du culturel et de l’interculturel dans le cours d’immersion. Pourquoi d’abord? Effectivement, je partage ici ce que moi, je considère un billet d’amour (peut-être bien approprié ce mois-ci où nous célébrons la Saint-Valentin!). « Comment ça, un billet d’amour? », vous me demanderez. Eh bien, tout engagement (tout comme toute carrière engageante et engagée) se doit bien de commencer avec une graine sinon plein de passion, n’est-ce pas? Et, justement, en quoi consiste cette passion dont je parle? …

Le blogue de l’ACPI a déménagé. Nous vous invitons à lire cet article au complet et à y répondre au https://www.acpi.ca/2013-01-10-20-21-56/blogue

Publicités




L’évaluation de l’écriture des élèves de l’immersion

10 01 2013

Image

Joseph Dicks est directeur de l’Institut de recherche en langues secondes du Canada (IRL2C)et professeur titulaire dans la Faculté d’éducation de l’Université du Nouveau-Brunswick. Chantal Lafargue et Allan Roy travaillent en tant qu’associés à la faculté à l’IRL2C au sein de la Faculté de l’éducation de l’UNB.

Bonne année 2013!

Nous sommes heureux d’avoir cette occasion de dialoguer avec vous au sujet d’un thème qui nous tient à cœur : l’évaluation de l’écriture des élèves de l’immersion française. Dans ce bref billet d’amorce de discussion, nous vous expliquons pourquoi nous avons entrepris le développement du Référentiel des compétences à l’écrit en immersion pour l’ACPI. Ensuite, nous vous demanderons votre avis par rapport à vos expériences avec l’évaluation de l’écriture.

Comme équipe de chercheurs et d’enseignants-chercheurs à l’Institut de recherche en langues secondes du Canada, nous nous sommes penchés sur la question de comment décrire l’écriture des élèves de l’immersion et, pour ce faire, nous avons consulté les écrits scientifiques à cet égard. De plus, pendant plusieurs années, nous nous sommes engagés dans des projets avec des communautés d’apprentissage professionnel aux niveaux élémentaire, intermédiaire et secondaire au Nouveau-Brunswick afin de découvrir les pratiques exemplaires en écriture.

Nous avons collaboré avec les enseignants d’immersion pour documenter ces pratiques et nous avons développé le modèle ÉCRI (Écriture Cohérente et Raisonnée en Immersion) ainsi qu’une série de DVD et de formations pour les enseignants désirant améliorer leur pratique en enseignement de l’écriture. Le modèle est ancré dans une approche de littératie équilibrée selon laquelle toutes les compétences langagières se complémentent. Nous avons aussi fait de la recherche dans le domaine du portfolio des langues basé sur le Cadre commun de référence pour les langues grâce à notre travail action-recherche au niveau secondaire et notre implication avec le développement d’un portfolio canadien des langues pour enseignants de français langue seconde. Ces expériences avec l’évaluation des compétences langagières et l’autoévaluation au service de l’apprentissage en particulier nous ont permis de mieux comprendre l’importance d’avoir des attentes claires ainsi que d’impliquer les élèves dans le processus de révision et d’évaluation de leurs textes.

C’est en travaillant en collaboration avec les enseignants que nous avons entrepris des discussions très intéressantes et parfois passionnées au sujet de la complexité de l’enseignement et de l’évaluation des textes écrits par nos élèves en immersion. C’est pour cela que nous étions très motivés à entreprendre le développement du Référentiel qui est un outil pour aider les enseignants à donner des pistes aux apprenants comment améliorer leurs textes. Lors de nos sessions de mise à l’essai dans l’ouest, le centre et l’est du Canada et lors du congrès de l’ACPI à Montréal en octobre dernier, les enseignants ont partagé des questions au sujet de l’écriture comme :

Comment puis-je soutenir mes élèves en difficulté et mes élèves « forts » en écriture en même temps? Est-ce possible de cibler mon enseignement pour répondre à leurs besoins?

Comment est-ce que je peux venir en aide à un élève qui est plus « fort » dans un élément (trait) d’écriture, mais « faible » dans l’ensemble des traits?

Est-ce qu’un élément (trait) d’écriture est plus important qu’un autre dans un texte écrit par un élève de français langue seconde?

Et, vous, quelles sont vos expériences avec l’enseignement de l’écriture avec vos élèves? Parlez-nous-en!

Au plaisir de vous lire dans les semaines à venir!

Dr. Joseph Dicks, Chantal Lafargue, Allan Roy





Ma vision d’un Canada idéal!

15 11 2012

 

Quel plaisir ce fut pour moi d’avoir été invité comme conférencier de clôture lors de votre AGA qui a lieu à Montréal le 27 octobre dernier!

Comme je vous ai dit, j’ai une vision d’un Canada idéal : un Canada où tous nos citoyens parlent nos deux langues officielles. Un jour, notre majorité ne sera ni anglophone ni francophone, mais bilingue Fr/En. Ce blogue vous informera davantage sur cette vision.

Fait #1 : Il n’y a aucune raison pour laquelle chaque citoyen canadien ne soit pas bilingue. Les bénéfices de l’apprentissage d’une deuxième langue sont trop bons!

Fait #2 : Le nombre de Canadiens bilingues ne diminuera pas au fil du temps!

Conclusion : Il y aura un jour la majorité dont je parle, qui ne sera ni anglophone, ni francophone, mais bilingue.

Mais comment est-ce qu’on s’y rend?

D’abord, cela débute par les parents informés qui maximiseront le nombre d’élèves dans les écoles d’immersion (on compte sur Canadian Parents for French,  CPF). Mais si un parent n’est pas informé, il n’est pas trop tard pour que son enfant apprenne le français!

Ensuite, les professeurs qualifiés contribueront à l’accroissement du nombre de jeunes étudiants dans les cours d’immersion ou les cours de français de base jusqu’à la fin de leurs études secondaires (on compte sur l’ACPI et CASLT). Mais si un étudiant abandonne ses cours de français avant la fin de son secondaire, il n’est toujours pas trop tard pour apprendre le français!

Maintenant, même si on réussit à obtenir un taux de rétention de 100% des étudiants jusqu’à la fin de la 12e année, on ne sera pas en mesure d’atteindre un Canada idéal si les jeunes ne savent pas où aller avec leur français après avoir fini le secondaire.

Donc troisièmement, il faut augmenter le nombre de jeunes adultes qui prendront avantage des opportunités postsecondaires en français (Canadian Youth for French, CYF, est venu nous aider avec cela). Et si un jeune adulte n’a pas appris le français avant de finir ses expériences postsecondaire, bien c’est trop tard! Just kidding! Il n’est jamais trop tard!

Finalement, il faut créer des espaces bilingues. Je ne comprends pas assez la réalité d’aujourd’hui pour vous dire comment on fera cela, mais je voulais inclure ce point pour que vous voyiez l’ensemble de notre processus. Si un jour on veut être citoyens d’un Canada idéal, il ne faut pas oublier qu’il y a quatre étapes!

Cela fait plus de 35 ans que l’ACPI, CASLT et CPF existent donc, on pourrait dire que les deux premières étapes sont déjà bien franchies. On pourrait peut-être augmenter les chiffres un peu, mais sans un organisme qui se spécialise dans les opportunités postsecondaire en français, nous n’atteindrons jamais notre idéal canadien.

Canadian Youth for French est arrivé sur la scène afin de passer à la 3e étape et on est certain que nos réussites feront en sorte que vous allez voir votre taux de rétention augmenter au cours des prochaines années.

Il y a toujours un ou deux ans de développement à faire au sein de l’organisation, mais quand on vous appellera, j’espère bien compter sur votre soutien! Ensemble on réalisera notre Canada idéal! On y arrivera!

Pour conclure, j’aimerais simplement vous rappeler les deux faits suivants:

  1. Il n’est jamais trop tard pour apprendre une deuxième langue!
  2. Comme professeurs, encouragez vos élèves à trouver l’environnement postsecondaire qui leur permettra de réaliser leur potentiel. Si vous pensez que cet environnement peut inclure le français, bien, envoyez-les chez CYF puis on s’en occupera !

Justin Morrow
Fondateur de Canadian Youth for French

P.-S. Je me présente aux élections du conseil d’administration du Centre de la francophonie des Amériques (CFA). Si vous êtes déjà membre, je vous invite à aller voter pour moi à partir du 16 novembre et sinon, allez-y quand même pour vous renseigner sur les activités du Centre :

http://www.francophoniedesameriques.com/fr/centre/elections.html

 

 





L’oral au service de l’apprentissage!

4 11 2012

ImageMartine Pellerin est chercheuse et professeure adjointe du Campus St-Jean de l’Université de l’Alberta. Elle a enseigné pendant 23 ans en immersion dans des écoles à Calgary,  en Alberta. À travers ses projets de recherche action collaborative avec les enseignants œuvrant dans le contexte immersif, elle examine les problématiques de l’utilisation de l’oral L2 comme outil au service de la communication, l’apprentissage et l’évaluation ainsi que l’utilisation des technologies mobiles et l’inclusion en classe immersive.

Bonjour à toutes et à tous !

Les résultats de divers projets de recherche-action collaborative avec des enseignants en immersion précoce depuis les quatre (4) dernières années et mes propres expériences et connaissances comme enseignante en immersion et éducateur à la formation des maitres en enseignement de langue seconde démontrent que :

  • Le modelage de l’utilisation de la langue orale par l’enseignant(e) est crucial afin de donner les ‘outils’ nécessaires aux élèves afin qu’ils puissent eux-mêmes communiquer et apprendre dans la L2 ;
  • Un enseignement explicite et authentique du vocabulaire et de la grammaire permet aux élèves de communiquer et d’apprendre avec la L2 ;
  • Un enseignement stratégique en L2 permet aux élèves de négocier et construire leur compréhension et leur savoir dans la L2;
  • L’adoption de stratégies pédagogiques qui préconisent la collaboration et le discours dialogique (dialogic inquiry) entre  les élèves permet la coconstruction des savoirs dans la L2 et ceci à travers toutes les matières.

Ces projets de recherche-action collaborative nous ont aussi permis d’explorer l’utilisation des technologies mobiles telles que les iPod et les tablettes (androïdes et iPad) comme outils pédagogiques afin d’appuyer :

  • Le développement des compétences langagières à l’oral en L2;
  • L’utilisation de l’oral en L2 à travers des activités d’apprentissage authentiques, fréquentes et motivantes selon les intérêts et les besoins des élèves ;
  • L’autoévaluation et l’autorégulation de l’apprentissage de la L2 chez les élèves ;
  • La différenciation de l’apprentissage et de l’évaluation en classe immersive.

Un projet de ‘ Capsules vidéos’ en collaboration avec l’ACPI et l’appui financier de Patrimoine canadien, est en voie de développement et sera disponible sur le site de l’ACPI d’ici 2013.  Ce projet permettra la diffusion d’exemples tangibles de stratégies d’enseignement efficaces ainsi que des activités d’apprentissages qui visent l’utilisation de l’oral L2 comme outil au service de la communication et de l’apprentissage en salle de classe immersive.

N’hésitez pas à me contacter pour me poser des questions ou pour partager vos expériences sur l’utilisation de l’oral en L2 et les technologies numériques au service de l’apprentissage et de l’inclusion en contexte immersif.

Au plaisir de dialoguer ensemble !

Dre Martine Pellerin

 





« Vas-y, écris! »

16 10 2012

Martine Cavanagh est auteure de trois ouvrages sur l’apprentissage de l’écriture. Elle est professeur agrégé du Campus St-Jean de l’Université de l’Alberta.

Bonjour à toutes et à tous !

Je suis ravie d’avoir l’occasion de dialoguer avec vous au sujet d’un thème qui me passionne et qui nous préoccupe tous, celui de l’enseignement de l’écriture à l’école. Je vais vous parler un peu de mon cheminement en espérant que cela vous donnera envie de dialoguer.

Quand j’étais à l’école, disons-le franchement, on ne m’a pas vraiment enseigné à écrire. On me donnait un sujet et on me disait : « vas-y, écris ! ». J’avais alors une heure pour pondre un texte qui allait plaire à la maîtresse. Une fois le texte écrit, la maîtresse le lisait en prenant soin d’encercler mes fautes en rouge. La plupart du temps, je m’en tirais avec une bonne note, mais sans trop savoir pourquoi. Parallèlement à ces moments consacrés à l’écriture, nous faisions beaucoup d’exercices de grammaire hors contexte. Ainsi, dans ma tête d’enfant, un bon texte, c’était d’abord et avant tout un texte sans fautes (il fallait éviter l’erreur à tout prix), propre (il fallait éviter les ratures) et long (il fallait écrire le plus possible).

Plus tard, quand je me suis retrouvée enseignante, je me suis surprise à enseigner l’écriture à mes élèves comme on me l’avait enseignée. J’ai vite remarqué que ma méthode, qui privilégiait le produit au détriment du processus, ne faisait pas grande différence dans le développement de la capacité de mes élèves à rédiger des textes de qualité. Cette situation me tracassait, d’autant plus que je savais que l’écriture est une compétence indispensable pour bien réussir à l’école. Aux prises avec une certaine frustration mêlée à l’envie d’en savoir plus, je me posais alors toutes sortes de questions. J’en partage quelques-unes avec vous :

  • Qu’est-ce qu’un bon texte ?
  • Que font les bons scripteurs dans leur tête quand ils écrivent ?
  • Que font les scripteurs peu habiles ?
  • Quel type de soutien devrais-je offrir à mes élèves pour les amener à écrire des textes cohérents ?
  • Par où commencer ?
  • Quelle est la place de la grammaire dans l’enseignement de l’écriture ?

Un jour, je suis tombée sur le livre de Jacques Tardif intitulé « Pour un enseignement stratégique ». Ce livre fut pour moi une révélation. En gros, l’auteur disait que les apprenants forts se distinguent des plus faibles par leur capacité à mobiliser des stratégies efficaces. Je me suis alors demandé comment on pourrait bien appliquer les principes de l’enseignement stratégique à l’enseignement de la production écrite.

Cette question, qui a été au cœur de mon travail de doctorat, m’a amenée à concevoir un modèle d’enseignement de l’écriture axé sur les stratégies d’écriture et à développer du matériel pédagogique pour soutenir les enseignants dans l’enseignement de l’écriture de plusieurs types de texte. D’ailleurs, peut-être que certains d’entre vous avez déjà utilisé mes ouvrages sur le texte d’opinion, le récit ou le texte explicatif. En passant, je suis en train d’écrire un livre plus général sur l’enseignement explicite de l’écriture. Si vous avez des conseils à me donner, n’hésitez pas !

Assez parlé de moi. Et vous, qu’est-ce qui vous questionne par rapport à l’écriture et à son enseignement ? Je suis ouverte à toutes vos questions.

Au plaisir de vous lire !

Martine





C’est la rentrée!! par où commencer??

17 09 2012

 

    Lori Riel enseigne dans le programme d’immersion au niveau primaire à Surrey, Colombie    Britannique depuis 29 ans.  Elle a passé plusieurs années sur le comité organisateur du programme de mentorat pour le conseil scolaire de Surrey.

 

 

La rentrée est toujours excitante, un peu énervante et surtout étourdissante!  Il y a tant à faire mais par où commencer?  Chaque année je dois consacrer le mois de septembre et souvent une bonne partie du mois d’octobre à L’ORGANISATION de ma classe.  Je trouve que l’organisation est la clé pour bien partir l’année.  Mais je ne parle pas seulement du déplacement des meubles de la classe.  L’organisation comprend beaucoup plus que l’environnement physique.

Voici quelques questions que je me pose pendant ce processus d’organisation.

Les meubles

Où est-ce que les élèves vont s’assoir?  Où est-ce qu’ils vont jouer?  Pourront-ils bien voir ce que je veux qu’ils voient?  Est-ce qu’il y aura des distractions autour?  Pourront-ils se déplacer facilement?  Où est-ce que je me place pour pouvoir bien surveiller partout dans la classe?

Le matériel scolaire

Où est-ce que les élèves vont garder leur matériel scolaire?  De quoi est-ce qu’ils ont besoin et qu’est-ce qu’on peut ranger ailleurs?  De quoi est-ce que j’ai besoin pour enseigner et où est-ce que je vais garder mon matériel?

Les routines de la classe (à pratiquer éternellement!)

Comment vont les élèves entrer dans la classe?  Que vont-ils faire en entrant?  Où vont-ils ranger leurs travaux  terminés?  Que vont-ils faire une fois terminé?  Etc.

Notre vie commune (à développer avec la classe)

Comment est-ce qu’on veut vivre ensemble?  Comment est-ce qu’on va se parler?  Comment est-ce qu’on va s’encourager à parler en français? Comment va-t-on régler nos problèmes?  Etc.

Je pourrai continuer à écrire des listes de questions mais vous comprenez mon but.  L’essentiel c’est d’anticiper où on pourrait avoir des ennuies et de mettre en place un système pour éviter ces problèmes (le plus possible).

Le curriculum

Par quoi commencer?  Qu’est-ce qui se prête naturellement à une certaine période de l’année?  Où est-ce qu’il y a des liens entre différents sujets?  Comment puis-je intégrer différentes matières?

Tout ceci prend du temps mais c’est du temps bien investi.  Quand les élèves (et le prof!) se sentent bien et en sécurité en classe,  quand ils comprennent comment leur journée va se dérouler et ils savent quoi faire quand il y a des accrochements, on peut passer beaucoup plus de temps à enseigner et à apprendre.  Ceci est vrai pour tous les niveaux.  Les ados ont autant besoin de se sentir à l’aise et en sécurité que les petits.

A vous maintenant!  Partagez vos idées pour bien commencer l’année!





Isabelle Larouche, auteure jeunesse

30 04 2012

Image

Bonjour! Kweï! She:kon! Ai!

Je me présente. Isabelle Larouche, auteure jeunesse. Je suis native de Chicoutimi, au Québec. En publiant mon premier livre, il y a maintenant plus de dix ans, je réalisais-là mon rêve de petite fille. Il faut dire qu’à huit ans, les livres faisaient partie intégrante de mon quotidien et que mon imagination débordait sur les pages colorées des albums que je feuilletais avec délices. Peu de temps après, j’ai commencé à écrire mes premières histoires dans de petits cahiers que je fabriquais, au grand plaisir de la famille et des amis qui me lisaient avec grand intérêt. C’est que j’avais déjà bien des histoires à partager!

Un peu plus tard, j’ai complété des études en adaptation scolaire. À cette époque, je n’avais pas réalisé combien ces nouvelles ailes seraient prometteuses de belles aventures. Ainsi, j’ai vécu ma toute première expérience en enseignement dans le village nordique de Kangiqsualujjuaq, au Nunavik. Ce n’est pas un hasard que je me sois retrouvée dans le Grand Nord québécois. Enfant, j’avais lu un roman qui se déroulait dans ces contrées enneigées, ce qui prouve combien la lecture peut influencer nos chemins futurs! Ensuite, j’ai poursuivi ma carrière en enseignement du français langue seconde, à Kingston, en Ontario, puis dans la communauté mohawk de Kanesatake, en banlieue de Montréal, pour ensuite enseigner en immersion française dans une école privée de la métropole.

Vous devinez que c’est par ces inoubliables expériences humaines qu’a jailli mon urgence d’écrire, bien que j’avais déjà la piqûre de l’écriture depuis ma tendre enfance… Ayant cessé d’enseigner depuis maintenant plus de cinq ans, je reste néanmoins très active dans les milieux scolaires d’un océan à l’autre du pays, afin de promouvoir cette belle passion auprès des élèves de tout âge : la lecture, mais aussi l’écriture.

Depuis 2002, j’ai publié une vingtaine de titres qui s’adressent à des lecteurs de cinq à dix-huit ans. On y retrouve des albums illustrés dont deux ont été traduits en langue autochtone (inuttitut et ilnu), ainsi que plusieurs romans et des nouvelles. S’il fallait trouver un point commun à chacun de mes livres, je dirais qu’ils ont tous été inspirés de faits réels ou vécus. Bien entendu, l’auteure en moi s’est occupée de saupoudrer les récits de quelques pincées de poudre magique… Après tout, il faut bien s’amuser un peu, n’est-ce pas?

Mais je sais que je ne suis pas toute seule à allumer de petites étincelles dans les yeux des enfants. Du nord au sud et d’est en ouest, il existe une multitude d’enseignants qui, par leur passion et leur créativité, donnent des ailes à tous les jeunes lecteurs et auteurs en herbe. C’est donc avec grand plaisir que je joins ma voix à l’association canadienne des professeurs d’immersion sur ce sujet qui nous tient tant à cœur : le rayonnement et l’épanouissement du français partout au Canada. Comment peut-on exploiter la littérature jeunesse dans le programme scolaire? Comment peut-on ouvrir des portes sur les autres cultures via la lecture? Comment la vie de tous les jours peut-elle devenir une inspiration pour écrire? C’est ici, sur les pages de ce blogue, qu’un dialogue est entamé. N’hésitez surtout pas d’y laisser vos commentaires ou vos questions!

Isabelle