Isabelle Larouche, auteure jeunesse

30 04 2012

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Bonjour! Kweï! She:kon! Ai!

Je me présente. Isabelle Larouche, auteure jeunesse. Je suis native de Chicoutimi, au Québec. En publiant mon premier livre, il y a maintenant plus de dix ans, je réalisais-là mon rêve de petite fille. Il faut dire qu’à huit ans, les livres faisaient partie intégrante de mon quotidien et que mon imagination débordait sur les pages colorées des albums que je feuilletais avec délices. Peu de temps après, j’ai commencé à écrire mes premières histoires dans de petits cahiers que je fabriquais, au grand plaisir de la famille et des amis qui me lisaient avec grand intérêt. C’est que j’avais déjà bien des histoires à partager!

Un peu plus tard, j’ai complété des études en adaptation scolaire. À cette époque, je n’avais pas réalisé combien ces nouvelles ailes seraient prometteuses de belles aventures. Ainsi, j’ai vécu ma toute première expérience en enseignement dans le village nordique de Kangiqsualujjuaq, au Nunavik. Ce n’est pas un hasard que je me sois retrouvée dans le Grand Nord québécois. Enfant, j’avais lu un roman qui se déroulait dans ces contrées enneigées, ce qui prouve combien la lecture peut influencer nos chemins futurs! Ensuite, j’ai poursuivi ma carrière en enseignement du français langue seconde, à Kingston, en Ontario, puis dans la communauté mohawk de Kanesatake, en banlieue de Montréal, pour ensuite enseigner en immersion française dans une école privée de la métropole.

Vous devinez que c’est par ces inoubliables expériences humaines qu’a jailli mon urgence d’écrire, bien que j’avais déjà la piqûre de l’écriture depuis ma tendre enfance… Ayant cessé d’enseigner depuis maintenant plus de cinq ans, je reste néanmoins très active dans les milieux scolaires d’un océan à l’autre du pays, afin de promouvoir cette belle passion auprès des élèves de tout âge : la lecture, mais aussi l’écriture.

Depuis 2002, j’ai publié une vingtaine de titres qui s’adressent à des lecteurs de cinq à dix-huit ans. On y retrouve des albums illustrés dont deux ont été traduits en langue autochtone (inuttitut et ilnu), ainsi que plusieurs romans et des nouvelles. S’il fallait trouver un point commun à chacun de mes livres, je dirais qu’ils ont tous été inspirés de faits réels ou vécus. Bien entendu, l’auteure en moi s’est occupée de saupoudrer les récits de quelques pincées de poudre magique… Après tout, il faut bien s’amuser un peu, n’est-ce pas?

Mais je sais que je ne suis pas toute seule à allumer de petites étincelles dans les yeux des enfants. Du nord au sud et d’est en ouest, il existe une multitude d’enseignants qui, par leur passion et leur créativité, donnent des ailes à tous les jeunes lecteurs et auteurs en herbe. C’est donc avec grand plaisir que je joins ma voix à l’association canadienne des professeurs d’immersion sur ce sujet qui nous tient tant à cœur : le rayonnement et l’épanouissement du français partout au Canada. Comment peut-on exploiter la littérature jeunesse dans le programme scolaire? Comment peut-on ouvrir des portes sur les autres cultures via la lecture? Comment la vie de tous les jours peut-elle devenir une inspiration pour écrire? C’est ici, sur les pages de ce blogue, qu’un dialogue est entamé. N’hésitez surtout pas d’y laisser vos commentaires ou vos questions!

Isabelle

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6 responses

13 05 2012
Manon

Bonjour Isabelle,

Comme enseignante, comment réussissais-tu à transmettre ta passion pour l’écriture aux enfants? Comment les aidais-tu à développer le goût de l’écriture?

Manon

22 05 2012
Isabelle Larouche

Bonjour Manon! La passion se transmet souvent par l’exemple. Et plus les exemples sont variés et nombreux, plus on multiplie les chances de transmission. Mes élèves savaient combien l’écriture est importante pour moi. Combien cela représentait une liberté à mes yeux : « Tout est possible, quand on écrit!». Dans ma classe, l’écriture a pris plusieurs visages et fonctions. En voici quelques exemples :
Une boîte aux lettres : chez les plus jeunes, nous écrivions aux fées qui habitent dans l’école (Oui-oui! C’est vrai!). Chaque élève a conservé les traces de cette correspondance magique dans un carnet qui s’est promené de mains en mains… et de yeux en yeux! Chez les plus vieux, c’était une boîte à suggestions et/ou opinions. Je sentais qu’ils appréciaient l’opportunité de s’exprimer en toute confiance, surtout chez les plus timides.
Un journal personnel : je laissais du temps quotidiennement pour l’écriture en liberté, un carnet que je lisais seulement si l’élève me le permettait et où je me permettais d’ajouter quelques mots à la conversation. Chez les plus jeunes, nous enjolivions nos pages de beaux dessins. Nous avons aussi tenu un journal de lecture quotidien où les élèves notaient leur opinion en quelques mots sur ce qu’ils ont lu. Ces traces se sont avérées très utiles quand venait le moment de parler d’un livre en particulier, lors d’une présentation orale.
Souvent, je laissais un début d’histoire au tableau, à peine une phrase ou deux. En quelques minutes, j’amenais les élèves à essayer d’imaginer la suite. L’exercice se faisait oralement, mais souvent, surtout si les idées étaient particulièrement intéressantes et inspirantes, on la continuait par écrit. Cela nous a permis d’explorer des genres différents : le mystère, le fantastique, le romantisme, la poésie, l’humoristique, l’enquête policière, etc. Le plus possible, les rédactions des élèves étaient mises en valeur dans la classe, dans les corridors, à la bibliothèque, etc. La fierté était palpable chez ces jeunes auteurs!
Nous avons aussi écrit, puis ajouté une scène complète à notre grande pièce de théâtre sur la Nouvelle France. Comme j’ai monté cette pièce pendant quelques années, l’originalité et la créativité des différents groupes m’ont toujours plus qu’impressionnée! (Quelques élèves motivés ont écrit, par la suite, d’autres petites pièces qu’ils ont tenu à présenter à la classe…)
Lors des projets spéciaux, comme des sorties ou un spectacle de classe, c’était les élèves qui s’adressaient aux parents, à la direction, aux membres du personnel de l’école, pour les inviter. Il allait de soi pour les lettres de remerciement, une fois l’événement terminé.
Avec une classe particulièrement impliquée, nous avons conçu et distribué un petit bulletin de nouvelles sous la forme d’un journal mensuel. La qualité des informations et de l’écriture était soignée, mais cela n’a pas éloigné la créativité pour autant : publicité, caricature, bande dessinée, petites annonces et même courrier du cœur étaient au rendez-vous!
Régulièrement, la classe se divisait en groupes de travail qui alternaient dans les différents ateliers. Parmi les stations, nous avions des histoires à trous (l’élève doit compléter les parties qui manquent), un atelier de création de monstres (lieu de naissance de nombreux monstres avec des descriptions plus qu’effrayantes! Pour se faire, les élèves avaient droit à une liste d’adjectifs très percutants), un « gym » pour exercer son style (on y pondait des métaphores, des comparaisons, des inversions, etc.), une salle de rédaction (pour notre journal de classe), une équipe de réviseurs (avec des clés de corrections et des barèmes bien encadrés, ces réviseurs avisés m’aidaient à corriger différents travaux). Et j’en passe…
L’écriture faisait partie de nos journées. Elle prenait plusieurs formes et s’infiltrait dans tous les sujets. Elle était à la fois ludique et informative. Elle était libre, mais elle faisait ses gammes aussi, lors d’exercices de grammaire ou de dictées. L’écriture était notre amie, parce qu’elle nous donnait des ailes, défendait notre pensée et nous transportait au-delà de nous même.

28 05 2012
Manon

Merci énormément pour toutes ces idées.

Manon

28 05 2012
Isabelle Larouche

Je suis certaine que tu crois, tout comme moi, au principe des vases communicants: une enseignante passionnée partagera sa passion à ses élèves… C’est physique et… presque alchimique!!!

Merci à toi d’avoir posé la question!

Isabelle

28 05 2012
François

Bonjour Isabelle,

Vous parlez d’ouvrir les portes à d’autres cultures par la lecture. J’aimerais promouvoir la culture francophone sans pour autant tomber dans les activités folkloriques. Auriez-vous des idées? Aussi, j’ai une classe de 5e année et j’aimerais faire des cercles littéraires. Auriez-vous des suggestions sur la meilleure façon de procéder.

Merci,

François

29 05 2012
Isabelle Larouche

Bonjour François,

La lecture est une clé qui ouvre des portes magiques… Derrière ces portes, on peut y retrouver non seulement d’autres cultures, mais aussi des univers aussi variés les uns que les autres. Par le biais de la littérature jeunesse francophone, vous pouvez dénicher des personnages, des lieux, ou même des époques qui sauront plaire à vos élèves… et subtilement introduire des éléments culturels sans tomber dans le folklorisme.
Ainsi, il pourrait être intéressant de dresser un portrait détaillé d’un de ces personnages (après la lecture d’un roman précis, ou encore, en introduisant un personnage nouveau à découvrir à chaque mois, élu par vous ou par vos élèves), pour ensuite chercher en quoi ils nous ressemblent ou en quoi ils sont différents. Est-ce un personnage de notre époque? Un être qui a des pouvoirs spéciaux? Comment se comporte-t-il dans des situations précises? Feriez-vous la même chose que lui? En 5e année, vos préadolescents aiment discuter, se comparer, s’identifier, chercher à se connaître par les autres. Voilà une belle occasion de sortir du cadre d’un livre, tout en enrichissant le vocabulaire et les discussions. … Sans oublier les liens possibles que vous ferez avec les autres matières… (Une étude de personnage s’intègre très bien aussi dans une activité de cercle littéraire, en petit groupe ou avec toute la classe.)
Il y a la fiction, mais il y a aussi les documentaires. Voilà une autre belle occasion d’ouvrir des horizons en cherchant à s’informer des différentes régions où l’on parle français dans le monde. Il y a le classique dépliant publicitaire qui incite les voyageurs à visiter un endroit choisi, mais on peut aussi amener l’élève à s’imaginer vivre à Québec, Paris, Kapuskasing, Batoche, Saint-Boniface, Shippagan, Yahoundé, etc. et ainsi raconter son quotidien, tout en intégrant les éléments informatifs sur la ville choisie. C’est toujours intéressant de discuter, par la suite, en quoi cette « vie fictive » dans une autre ville est différente de celle de vos élèves.
Les artistes dans la francophonie sont très nombreux. Invitez vos élèves à découvrir les artisans du monde de la musique, de la peinture, du théâtre, des médias, de la mode, de la littérature… Que dire des sportifs : le hockey, le tennis, le soccer, la course automobile… Voyez-vous déjà les yeux de vos élèves s’inonder d’étoiles?
Les actualités mondiales intéressent aussi les jeunes de 5e année. Dans mes classes, j’affichais à chaque jour une actualité insolite ou digne de mention sur le tableau (recueillie sur Internet, dans une revue, un journal, etc.) Plus tard, c’étaient les élèves les plus futés qui garnissaient mon babillard!
Pour les cercles littéraires, j’ai procédé de plusieurs façons. Au début de l’année, afin de développer de meilleures habitudes de travail, je choisissais le même livre pour tout le monde. Une fois par semaine, avec un carnet de route en main, les élèves notaient leurs remarques, impressions, où ils répondaient à des questions précises en cours de lecture (celles-ci se faisaient à la maison, afin de permettre plus de temps aux cercles de lecture). Ainsi, les petits groupes se rencontraient pour comparer et compléter leurs observations. À chaque rencontre, le groupe devait aussi discuter d’un point en particulier : Êtes-vous en accord avec la décision du personnage? Qu’auriez-vous fait à sa place? Décrivez les lieux avec le plus de détails possibles. Quels sont les indices qui nous démontrent que l’Action se déroule dans une autre époque? Plus tard dans l’année, les cercles littéraires se sont diversifiés. Ainsi, les groupes étudiaient des livres différents du même auteur, ou sur un thème semblable, ou un genre différent (policier, thriller, bande dessinée, etc.). Certains éditeurs offrent des guides d’activités pédagogiques plus que complets, en lien avec leurs romans. C’est une ressource facilement exploitable dans un cercle de lecture.
En bref, amenez vos élèves à explorer la variété dans la littérature, puisqu’il y en a pour tous les goûts… Ainsi, vous aurez l’opportunité « d’accrocher » vos plus récalcitrants au prochain détour. Surprenez-les avec des sources diversifiées, puisque la culture littéraire se cache partout.

J’espère que ces suggestions vous inspirerons un peu plus…

Bonne fin d’année scolaire !

Isabelle

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